Publié le 19 octobre 2011
La presse a récemment relaté la décision de l'ICDI de faire étudier le coût d'un arrêt total de l'incinération à Pont-de-Loup. Cette information est étonnante, quand on sait que, jusqu'à présent, l'ICDI a toujours refusé d'envisager de ne fonctionner qu'avec le seul four n°2.
En fait, l'ICDI décrète : 'Ce sera deux fours ou aucun ! Ce sera deux fours ou le chaos !' Et pour prouver cela, l'ICDI ne compare son choix de 2 fours qu'à des alternatives totalement irréalistes en refusant d'envisager l'hypothèse crédible d'un seul four.
C'est une stratégie de dramatisation afin de mettre la pression sur la Région wallonne.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la logique d'un tel raisonnement est incompréhensible. Le four n°2 fonctionne depuis seulement 5 ans. Il a coûté 40 millions d'euros. Et ceux qui disent qu'il est performant et qui soutenaient, il y a 6 ans, qu'il était indispensable, suggèreraient-ils aujourd'hui, eux-mêmes que ce n'était pas vraiment le cas ? Les contribuables apprécieront...et réfléchiraient sans doute à deux fois avant de valider la construction d'un nouveau four de 50 millions d'euros, s'ils avaient leur mot à dire.
Quelle est la situation ?
L'ICDI incinère actuellement environ 100.000 tonnes de déchets. Certes, elle pensait augmenter ce tonnage en important les déchets de la zone INTERSUD, mais les déchets de cette intercommunale sont depuis peu traités en Hainaut occidental.
Le tonnage actuel pourrait être fortement réduit par le développement d'alternatives plus respectueuses de l'environnement et de la santé des citoyens : ramassage sélectif des fermentescibles, efforts pour atteindre la moyenne des autres intercommunales en matière de PMC, généralisation des poubelles à puce...
Pourquoi ce qui fonctionne ailleurs ne pourrait pas donner les mêmes résultats chez nous ?
Sur base de ce qui se passe ailleurs, on peut estimer que le développement des alternatives laisserait un solde à incinérer de 70 à 75.000 tonnes dont 55.000 seraient traitées sur le four 2.
Il resterait donc un excédent de 15 à 20.000 tonnes ».
La question mérite donc d'être posée.
Pourquoi l'ICDI devrait-elle investir plus de 50 millions d'euros dans un nouveau four, pour garantir une capacité de 110.000 tonnes qui ne pourra qu'être excédentaire si les alternatives sont résolument mises en place ? A l'heure où le pays traverse une des crises financières les plus graves de son histoire du fait de sa dette publique, l'heure n'est-elle pas à la chasse au gaspillage ?
Certes, l'objectif reste le désengagement progressif promis et à terme, l'arrêt total de l'incinérateur. Mais ce n'est pas en démontrant que l'arrêt total est impossible aujourd'hui que l'ICDI démontre qu'il faut nécessairement construire un nouveau four qui prolongera l'exploitation pour 30 ans.
Or, l'ICDI a toujours refusé d'étudier sérieusement l'hypothèse d'un seul four. Cette hypothèse n'a pas été soumise au bureau d'étude au même titre que les 6 autres hypothèses qui partent toutes du postulat qu'il y aura nécessairement 2 fours. La dernière étude apparaît dès lors davantage comme un moyen de justifier une décision déjà prise que comme un véritable regard extérieur et objectif en vue d'éclairer la décision finale. Les auteurs de l'étude ont d'ailleurs eux-mêmes reconnu « qu'ils devaient s'inscrire dans la stratégie de l'intercommunale. »
Un argumentaire étonnant et contradictoire
Un des arguments utilisés par l'ICDI pour refuser de ne fonctionner qu'avec le seul four n°2 était qu'il n'existerait pas en Wallonie de site susceptible de traiter l'excédent de 15 à 20.000 tonnes de déchets...Mais il faudrait alors qu'elle nous explique où elle compte expédier les 100.000 tonnes qui resteraient, selon elle, en cas d'arrêt immédiat de Pont-de-Loup !
Un autre argument étonnant, est que l'ICDI estime prohibitif d'investir 6,5 millions d'euros pour assainir le site et construire un centre de regroupement alors qu'elle est, dans le même temps, bien décidée à investir 50 millions dans un nouveau four...
De même elle évoque un coût annuel de fonctionnement de 5 millions pour faire traiter 100.000 tonnes ailleurs. On peut donc en déduire que traiter 15 à 20.000 tonnes d'excédent coûterait moins d'un million d'euros par an. Or, travailler avec un seul four, permettrait d'économiser la charge de l'emprunt de 50 millions, soit quelque 4 millions d'euros par an. Et même si les travaux sont subsidiés, ce sont encore plus de 2 millions par an qui resteraient à charge des communes. Et la Région wallonne, en ces temps de disette, est condamnée à maîtriser ses dépenses ....
Enfin, l'ICDI évoque 5000 camions par an, pour 100.000 tonnes. Non seulement ce chiffre serait réduit proportionnellement si les transferts ne sont que de 15 à 20.000 tonnes, mais de plus, aucun moyen de transport alternatif n'a été étudié à ce jour.
La solution à un seul four demeure la plus pertinente !
La solution à un seul four présente plusieurs avantages.
•· Elle permet de sauvegarder l'emploi.
•· Elle permet au contribuable d'économiser 50 millions d'euros.
•· Elle permet au gouvernement wallon de respecter ses engagements de 2003 (désengagement progressif vu le lieu d'implantation et les pollutions du passé) »
•· Elle constitue un incitant permanant au développement des alternatives puisque chaque tonne détournée de l'incinération réduirait l'excédent et donc la facture.
Par contre, si le nouveau four est construit, les emprunts constitueront des frais fixes. Il n'y aura alors plus aucune raison, bien au contraire, de réduire le tonnage incinéré. Et la note sera payée par le contribuable.
La position du MR d'Aiseau-Presles demeure donc inchangée : il est plus économique et plus écologique d'utiliser les capacités existantes, sans investir des dizaines de millions d'euros dans un nouveau four excédentaire.
Samy Sidis Jean-Pierre Marique
Secrétaire politique Chef du groupe.
Pour recevoir notre newsletter ou ne plus la recevoir, veuillez entrer votre adresse mail :